Groupe de réflexion “Culture et libertés” - programme de travail
Posté le 1 mars 2008
Catégorie : Libertés et culture |
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Culture et libertés, pour une société du libre arbitre. Ce groupe de réflexion a besoin plus que tout autre d’une délimitation précise de son périmètre de travail. L’intitulé en est trop vaste et peut recouvrir une multitude de sujets. Il est donc proposé dans un premier temps de subdiviser cet intitulé en quatre thèmes prioritaires. A l’intérieur de ces quatre thèmes qui indiquent des orientations pour la réflexion et peuvent faire l’objet de notes ou d’études, le groupe choisira des sujets ponctuels qui se traduiront par la production d’articles ou d’auditions. Voici la liste de ces thèmes. Pour chaque thème, il est indiqué de manière provisoire quelques sujets de controverse ou impensés à gauche.
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L’exercice de la démocratie
On invoque aujourd’hui plus volontiers la République -ses principes, ses valeurs- pour exprimer le sens de la vie collective, et l’on tient les expressions du peuple comme dangereuses ou ignorantes. Les commentaires et les charges violentes contre les résultats du référendum sur la constitution européenne ont témoigné de cette défiance et de ce quasi déni de démocratie. Une réflexion sur la démocratie doit porter sur son exercice réel par les citoyens avant d’entreprendre l’examen de son organisation et de son fonctionnement institutionnels. Le groupe de réflexion s’attachera donc à l’analyse de l’état actuel de cet exercice tant au niveau local que national, et posera la question des institutions à partir de cette analyse.
Cette réflexion doit aborder aussi la crise de la représentation. Si cette crise interpelle les élus en particulier - pratiques du pouvoir, cumul des mandats…-, elle prend aussi une forme plus pernicieuse, celle des nouvelles alliances qui se sont établies entre gouvernants, hommes d’affaires et experts pour forcer l’adaptation de notre société à l’ordre économique mondialisé.
Controverse ou impensé à gauche :
Admet-on, à gauche, que la démocratie est le fondement même de la politique et que son exercice excède par conséquent les formes institutionnelles de la représentation ? Les controverses sur « la démocratie participative », au delà des mises en scène de la présidentielle, ont-elles révélé une ligne de fracture à gauche à propos de l’exercice de la démocratie ?
Les fabriques de la doxa
La doxa libérale s’est imposée dans la majorité des médias de notre pays. Elle est le résultat d’une offensive idéologique sans précédent et de longue haleine dans le but de faire accepter, au prétexte de l’adaptation de notre économie à la mondialisation, l’abandon des systèmes de protection individuelle et collective.
Il s’agit d’analyser, à l’intérieur de cette thématique, des sujets qui portent sur les stratégies de concentration financière des médias et ses conséquences en matière de pluralisme, ou encore sur les mécanismes de construction des opinions publiques, en prêtant attention à la nouvelle pratique de communication politique : le storytelling.
Le groupe de réflexion examinera en priorité les réponses législatives qu’on peut opposer à cette offensive, pour contrecarrer les stratégies financières, garantir la pluralité des opinions et accroître le contrôle des sociétés de rédacteurs.
Controverse ou impensé à gauche :
La gauche doit refonder les conditions du pluralisme en durcissant les dispositions législatives relatives à la concentration financière. En a-t-elle les moyens, la volonté, le courage ?
N’est-elle pas aussi prisonnière de l’opinion dominante selon laquelle la France doit posséder des groupes médias de taille à rivaliser dans la mondialisation ?
Les nouvelles surveillances, les nouvelles punitions
L’adaptation à marche forcée de la société au nouvel ordre économique mondial n’implique pas seulement un formatage idéologique mais aussi un encadrement disciplinaire renforcé et une relégation des analyses sociologiques.
Les comportements individuels ne sont plus analysés en fonction d’une situation sociale : « Il n’y a pas de responsabilité collective, mais seulement une responsabilité individuelle », déclare Nicolas Sarkozy à propos des récents évènements de Villiers-le-Bel.
En conséquence, l’accroissement de la répression est privilégié au détriment des réponses économiques et sociales. Les classes populaires sont de nouveau dangereuses. « Il n’y a pas de crise sociale, mais de la voyoucratie ». L’idéologie néo-conservatrice ne peut pas mieux être exprimée. Elle tient dans un même dénigrement les avocats et les sociologues : « quand on cherche à expliquer l’inexcusable, on s’apprête à excuser l’inexcusable » [les citations sont également extraites de l’entretien télévisé de N.Sarkozy]
Le groupe de réflexion examinera d’abord l’arsenal des nouvelles lois qui ont accru la pénalité. Puis il analysera les conséquences des politiques sécuritaires sur les libertés, en particulier le développement de la vidéo surveillance et l’enfermement des individus dans le quadrillage du techno – contrôle.
Controverse ou impensé à gauche :
Il n’est pas impossible d’entendre dire à gauche : « l’insécurité est la première des inégalités pour les classes populaires ». Il faut déjouer ce glissement progressif vers l’abandon de la primauté des causes économiques et sociales.
Les structures sociales de la transmission culturelle
Il a beaucoup été dit que la défaite de la candidate de gauche à la présidentielle était « idéologique et culturelle ». L’assemblage de l’idéologie et de la culture doit être manipulé avec précaution, car la culture, au sens de la transmission égalitaire d’un patrimoine ou des œuvres intellectuelles contemporaines est aussi un outil d’émancipation à l’égard des idéologies.
Pour ce qui concerne l’idéologie, il s’agit avant tout d’analyser les abandons préjudiciables de certaines valeurs qui étaient constitutives d’une « culture » de gauche. En témoigne, par exemple, la substitution du principe « donnant-donnant » au devoir de solidarité.
Il faut aussi juger de manière sévère la faible riposte face à la captation par le candidat de droite des figures historiques de la gauche –Jaurès, Blum- et surtout face au rapt et au dévoiement de leur pensée.
Pour la culture, l’analyse doit être plus structurelle. Dans ce champ, s’il faut réaffirmer l’impératif d’une politique publique, il faut analyser sans recul les raisons de l’échec de la démocratisation. Dans le champ plus large de la transmission des connaissances, il est nécessaire de refonder l’objectif d’émancipation individuelle à partir de la réalité des inégalités sociales.
Controverse ou impensé à gauche :
La politique menée jadis par Jack Lang peut-elle enfin faire l’objet d’une critique objective, pour sortir d’un discours lénifiant sur la culture et mesurer ses échecs comme ses succès? Autrement dit : sortir du languisme est-il autorisé à gauche ?
1 commentaire sur “Groupe de réflexion “Culture et libertés” - programme de travail”
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Proposition de nationalisation des langues/cultures de France.
Deux courants de pensée antagonistes se trouvent objectivement alliées pour faire que l’État
se désengage de toute responsabilité quant aux langues/cultures indigènes de son territoire, et
prônent l’idée que c’est aux régions seules de s’en occuper :
1) l’idéologie française régnante, celle du centralisme et de l’unitarisme, qui croit ainsi
se débarrasser du problème ; cette idéologie, qui organise et donne ses contenus à la culture
française depuis plus de cinq siècles, à tel point qu’on ne la voit plus et qu’on la prend pour la
nature des choses, commence à décliner face à la montée du démocratisme et du pluralisme
mais, se faisant par ailleurs la championne de valeurs (unité, égalité, laïcité, solidarité)
auxquelles sont attachés les Français, elle peut longtemps encore prolonger son règne ;
2) l’idéologie des militants régionalistes ou nationalitaires, politiques ou culturels,
désireux de prendre la France en sandwich entre l’Europe et les régions, voire, pour certains,
désireux de constituer des région/états autonomes ; ces régionalistes s’appuient sur un juste
constat, celui du multiséculaire mépris de l’idéologie française pour les langues/cultures
indigènes de France (et au-delà pour les accents et tout ce qui sort du moule), et défendent des
valeurs (démocratie, pluralisme) auxquelles les Français s’attachent de plus en plus.
Les uns nient, au nom de l’unité nationale, toute pluralité culturelle interne (vantant la
« diversité » pour le reste du monde) ; les autres, au nom de la « diversité » culturelle, en
viennent à remettre en cause la solidarité nationale. Les uns et les autres ont quelques chose
en commun : ils confondent l’ordre culturel et l’ordre politique (« une nation, une langue »)
(comme autrefois « un royaume, une religion »), et savent si peu ce que la langue est à la
pensée qu’ils placent la culture et les oeuvres derrière la langue de communication. Leur débat
occupe tout l’espace, comme s’il n’y avait pas d’autre voie.
Il y a une autre voie : la meilleure. Pour la connaître, il suffit d’écouter le peuple français : il
veut l’unité politique, il veut la pluralité culturelle. Et cette volonté – que lui donne son
intuition – retrouve l’argumentation des esprits les plus éclairés en ce domaine :
- les langues/cultures indigènes de France ont participé de façon déterminante à la
construction de la langue/culture française, de la pensée française, de l’identité française ; sans
éducation aux langues/cultures indigènes, on comprend mal la langue/culture française, on ne
comprend rien à ce qu’est la pensée et l’identité française.
- non seulement la langue/culture/identité française est, ainsi, mal comprise, mais elle
est condamnée au déclin si meurent les langues/cultures indigènes. Car le déclin actuel de la
culture française ne vient pas d’attaques extérieures, comme se plaisent à penser les
idéologues (« c’est la faute à l’autre »), mais du fait qu’elle a de moins en moins d’affluents
intérieurs, parce que le centralisme a toujours essayé – réussissant en partie – d’éradiquer tout
esprit d’initiative ou d’entreprise qui ne partent pas de son nombril et, partant, de tuer toute
émulation. Sans les langues/cultures indigènes, sans réservoir d’inventions issues d’ailleurs
internes, c’est-à-dire sans le peuple dans sa pluralité, la culture française se retrouve, avec ses
cocoricos subventionnés (élitisme) et ses mythes cocardiers (populisme, nationalisme),
désarmée face au mouvement du monde ;
- inversement, la langue/culture française a marquée indélébilement de ses oeuvres,
de ses valeurs, toutes les langues/cultures indigènes de France, et on ne comprend rien à leur
histoire si on ne connaît pas ce rôle de la langue/culture française ;
- mais il y a plus : sans conscience de la nature de leur relation avec la culture
française, sans projet de relation avec elle, ces langues/cultures sont sans avenir : on peut le
voir dans les utopies des tenants de la « diversité » et du régionalisme, où ces
langues/cultures, coupées de leur histoire qui est à la fois celle de leur négation par
l’unitarisme et de leur affirmation (voire leur éclosion) contre ce même unitarisme, se
retrouvent sans emploi alors que leur mission essentielle, celle qui les a fait renaître voire
naître, celle pour laquelle elles sont les mieux armées (et seules à être armées), est justement
de guérir la France de sa maladie centraliste/unitariste, en tournant contre cette maladie les
valeurs républicaines que la France leur a apprises et en les re-inventant : décentralisation et
pluralisme culturel, pour plus de démocratie et plus de république.
C’est par leurs oeuvres visant à transformer ainsi la France (critique de l’histoire officielle –
nationaliste - non pour la remplacer par un petit nationalisme inverse, mais pour servir à la
pensée d’une nouvelle épistémologie de la science historique ; critique de la linguistique
établie pour servir à une nouvelle pensée de ce qu’est une langue, de ce qu’est le langage, etc.
etc.) que ces langues/cultures s’inventeront un avenir. C’est en libérant tous les français du
centralisme, c’est en libérant toute la culture française de son carcan unitariste qu’elles se
trouveront elles-mêmes*.
Notre proposition de nationalisation des langues/cultures de France sort de ce raisonnement et
n’a qu’une ambition : faire que plus personne n’ignore ces mouvements de l’histoire et n’en
ignore les enjeux. L’État est donc concerné au premier chef.
Sa mission :
1. organiser une éducation pour tous les Français à toutes les langues/cultures indigènes
de France. Ce qui renforcera la solidarité nationale.
2. organiser, contre la « diversité culturelle » (chacun sa petite langue/culture dans son
coin, dans sa « communauté »), l’aventure de la pluralité culturelle (émulation entre les
oeuvres) qui, libérant toutes les imaginations, mobilisera tous les Français dans
l’invention d’un avenir commun.
*Carrefour Culturel Arnaud-Bernard - Siège social : 5 rue Arnaud-Bernard,
31000 Toulouse - bureaux : 3 rue Escoussières Arnaud-Bernard
tél. : (+33) 05 61 12 11 16 - fax : (+33) 05 61 13 68 23
– SIRET 388 1701 93 00014 – APE 913 E
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