Rompre avec la dégradation du système de prélèvements, évaluation critique du rapport Attali

Jean-Marie Monnier, professeur d’économie à l’université Paris I, a participé à la contre-expertise organisée par la Forge le 24 janvier dernier. Cet article résume l’intervention prononcée alors et a été publié sur le site de l’Humanité le 1er février dernier. http://www.humanite.fr/+-rapport-Attali
Ceux qui ont en mémoire les audaces de “l’anti-économique” co-écrit par Jacques Attali et Marc Guillaume, ou qui ont gardé le souvenir du conseiller spécial de François Mitterrand seront sans doute déçus par le rapport Attali. Sous les apparences volumineuses d’un ouvrage construit selon une méthode très “mode” dans laquelle l’argumentation est réduite à peu de choses et l’affirmation remplace souvent la démonstration, le rapport se présente comme une succession de 316 “décisions” où le caractère volontariste de l’expression veut suggérer l’efficacité des mesures avancées. Ce catalogue de propositions est présenté comme la source d’innovations majeures visant à “libérer” la croissance et à moderniser notre pays qui serait emprisonné dans un carcan administratif et réglementaire. Lire la suite

Les faces cachées de la dette

« Je suis à la tête d’un Etat en situation faillite !.. Depuis, vingt-cinq ans, aucun gouvernement n’est parvenu à présenter un budget équilibré ». Cette sortie de François Fillon, au moment de la présentation du projet de loi de finance 2008, a indéniablement pour but de justifier la compression des dépenses publiques. Il trahit aussi un certain doute quant au choc sur la croissance que doit provoquer le paquet fiscal, voté au cours de l’été suivant la victoire des nouveaux conservateurs. En l’absence de reprise de la croissance, les rentrées fiscales risquent de faire défaut. L’accroissement prévisible du déficit ne peut que rendre le Premier ministre sceptique quant à la capacité de la France à réduire sa dette et à honorer ses engagements européens à respecter le pacte de stabilité.
Par Liêm Hoang-Ngoc, maître de conférences à l’Université de Paris I, auteur de Dix questions sur la dette, Michalon, 2007
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Tva sociale : les français perdront du pouvoir d’achat

Le projet de TVA sociale, sur lequel le Gouvernement Fillon travaille depuis l’été 2007, est présenté comme une mesure permettant de s’attaquer à la question de la perte de compétitivité des entreprises françaises dans le commerce mondiale et donc comme un élément central dans la politique économique de l’actuelle majorité pour relancer la croissance. L’idée principale est qu’en diminuant le coût du travail, grâce à un allègement des charges patronales, compensée par une augmentation de points de la TVA, les produits français s’exporteront mieux (car moins chers), tandis que les produits importés couteront plus chers (puisqu’ils sont soumis à la TVA).
Cette réforme serait en outre une réponse à l’un des aspects bien connus de la mondialisation économique : l’entrée massive sur les marchés occidentaux de produits venant d’Asie, où les couts de main d’œuvre sont si bas qu’ils faussent la concurrence et accélèrent les délocalisations des entreprises européennes. Tout le monde serait donc gagnant. Les entreprises qui seraient à nouveau compétitive, les travailleurs français qui ne verraient plus leurs emplois partir dans les pays émergents, le consommateur qui gagnerait du pouvoir d’achat.
On montrera dans cette étude qu’il en est pourtant rien.
par Eric Perraudeau, Fondation nationale des sciences politiques, membre du conseil de direction de la Forge.
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